Après des années d'essais sporadiques et une petite zone de culture, le Nouveau-Brunswick avance son premier effort coordonné pour construire une chaîne de valeur commerciale et industrielle du chanvre.
L'initiative s'articule autour d'un projet d'usine de transformation et d'emballage à Saint-André et d'une campagne organisée de recrutement de producteurs dès la saison 2026, selon Antonio Bramante de Décision de la Nature inc., de Montréal, qui dirige l'initiative.
Un dépliant distribué aux agriculteurs décrivait le projet comme une « nouvelle opportunité pour la culture du chanvre au Canada atlantique », invitant les producteurs et les acteurs du développement régional à en apprendre davantage sur les licences, l'agronomie et les marchés.
Objectif : 10 000 hectares
Bramante a déclaré que son équipe a passé quatre ans à rencontrer des producteurs et des responsables provinciaux pour créer une dynamique. Le plan vise 10 000 acres de chanvre en 2026s'élevant à 25 000 acres en 2027une partie de la récolte étant destinée à la transformation locale à l'usine de Saint-André et le solde étant destiné à des acheteurs externes. Toutes les provinces du Canada ont cultivé un total combiné de 15 000 hectares en 2024.
Les organisateurs affirment que les producteurs recevront un soutien concret et soutiennent que le plus grand obstacle n'est pas l'agronomie, mais l'hésitation des agriculteurs : se tourner vers une nouvelle culture, de nouveaux marchés et une logistique inconnue. La stratégie positionne le chanvre comme une culture de rotation qui peut diversifier les revenus agricoles tout en se développant vers les marchés régionaux des aliments, des fibres et de la biomasse.
La possibilité pour le chanvre de se développer au Nouveau-Brunswick dépendra de son adéquation aux systèmes agricoles existants. Le nord et l'ouest du Nouveau-Brunswick contiennent plusieurs zones agricoles distinctes qui façonnent les opportunités.
Champs fertiles
Dans le corridor Woodstock-Drummond, où se concentrent les activités de sensibilisation des producteurs, les fermes utilisent des sols profonds et bien drainés et alternent leurs acres avec des cultures de pommes de terre, de céréales et de fourrages.
Plus au nord, vers St-Quentin, les champs sont situés à des altitudes plus élevées, avec des températures plus fraîches, propices aux céréales, aux fourrages et aux opérations mixtes agro-forestières. La région de Belledune, en revanche, présente des sols plus variables et des activités agricoles historiquement moins intensives.
Le chanvre pourrait s'intégrer à ces rotations, en particulier dans la zone Woodstock-Drummond, mais le succès dépendra de l'agronomie, de la sélection des variétés et du calendrier, dans le cadre d'une saison de croissance plus courte que celle des Prairies canadiennes, où la majeure partie du chanvre est cultivée au pays.
L'ampleur de la vision contraste avec le bilan de la province. Les données gouvernementales montrent que 203 hectares de chanvre étaient cultivés en 2017, contre 448 hectares en 2018, avec des rendements décrits comme incohérents. Des chiffres plus récents concernant les licences fédérales suggèrent que l'activité a depuis diminué à quelques hectares.