Le régulateur brésilien de la santé a lancé une nouvelle consultation technique pour recueillir des preuves scientifiques sur la culture industrielle du chanvre, offrant un signe limité mais notable de mouvement réglementaire après plusieurs années de retards répétés.
L'Agence nationale de surveillance de la santé (Anvisa) accepte jusqu'au 12 décembre des études scientifiques sur la culture du chanvre industriel. La recherche vise à éclairer les bases techniques d'une future réglementation régissant la culture du chanvre au Brésil.
L’initiative est strictement conçue comme un exercice de collecte de preuves. Anvisa ne fournit pas de financement, d'incitations ou d'évaluation des participants. Au lieu de cela, il rassemble la littérature scientifique existante provenant de revues et de référentiels de recherche comme base pour l’élaboration de futures règles.
Base technique
Un comité spécialisé Anvisa examinera et organisera les études soumises. Les résultats seront publiés dans un rapport technique public qui, selon l'agence, servira de base scientifique à toute future réglementation relative à la culture du chanvre.
Le processus fait suite à plusieurs années au cours desquelles les projets de réglementation ont été retardés à plusieurs reprises, le plus récemment après que les autorités fédérales ont évoqué la complexité de l'élaboration des règles et la nécessité d'une analyse technique supplémentaire.
L’accent renouvelé mis sur la collecte de preuves suggère que les régulateurs sont en train de reconstituer le dossier administratif après l’échec de ces efforts.
La Cour supérieure de justice du Brésil (STJ) a affirmé il y a un an qu'Anvisa et le gouvernement fédéral avaient le pouvoir de réglementer la culture du Cannabis sativa à des fins médicales et pharmaceutiques, et a confirmé séparément que cette autorité s'étendait au chanvre industriel. En pratique, le processus réglementaire actuel s’applique au chanvre non toxique plutôt qu’à la marijuana. Elle ne reconnaît cependant pas le chanvre pour ses applications non médicales.
Portée des études
Anvisa accepte les études publiées rédigées en portugais, anglais ou espagnol. Les domaines d’intérêt comprennent les profils cannabinoïdes ; Méthodes de test du THC et du CBD ; agronomie et zonage climatique ; la génétique du chanvre et les caractéristiques des plantes ; traçabilité, contrôle qualité et pratiques de culture ; et des cadres juridiques et socio-économiques comparatifs.
L'accent mis sur l'agronomie, la génétique et la conformité reflète le débat en cours sur la volonté du Brésil de soutenir la culture nationale du chanvre en l'absence d'un système de licence défini.
Rôle de l'Embrapa
Cet appel scientifique fait suite à la récente décision d'Anvisa d'accorder à l'agence brésilienne de recherche agricole, Embrapa, une autorisation exceptionnelle pour mener des recherches sur la culture industrielle du chanvre.
En vertu de cette autorisation, l'Embrapa peut cultiver du chanvre sous réserve d'inspections sur place et d'exigences strictes en matière de sécurité, de sûreté et de traçabilité. La commercialisation de tout matériel dérivé de la recherche est interdite. Seul le matériel végétal impropre à la multiplication peut être transféré à d'autres institutions de recherche autorisées.
L'approbation positionne Embrapa comme un contributeur technique clé à la base de preuves éclairant la future réglementation du chanvre.
Limites légales
Malgré les décisions de justice et le regain d'activité réglementaire, la culture commerciale du chanvre industriel au Brésil reste interdite, notamment pour la production de fibres, de céréales, de produits alimentaires à base de graines et d'autres applications industrielles.
Il n’existe actuellement aucun cadre national de licence autorisant les agriculteurs à cultiver du chanvre à des fins commerciales. Les importations de produits dérivés du chanvre sont autorisées sous certaines conditions, et la culture n'est autorisée que sur une base de recherche exceptionnelle et étroitement contrôlée, dans l'attente d'une réglementation formelle.
Le processus Anvisa actuel n'établit pas de calendrier pour la réglementation et n'aborde pas non plus les questions politiques non résolues telles que les seuils de THC, les modèles de licence ou les règles de production commerciale. Au lieu de cela, cela signale une approche progressive – renforçant les fondements scientifiques et juridiques de la réglementation spécifique au chanvre avant de passer à une autorisation formelle.