L'État indien ouvre une licence, une avancée tant attendue pour l'industrie du chanvre du pays

L'État de l'Himachal Pradesh, dans le nord de l'Inde, a finalement mis en place des règles détaillées pour l'autorisation de la culture, de la transformation et de la fabrication du chanvre industriel, ouvrant ainsi la porte à l'agriculture commerciale tout en laissant le travail plus difficile de renforcement des capacités de transformation et de marchés fiables devant soi.

Le cadre tant attendu, publié par le Département des impôts et accises de l'État en juillet et modifié cette semaine, établit des règles couvrant l'achat, la culture, la récolte, le stockage, le transport, la transformation, la fabrication, la recherche et les tests de semences. Les cultures de chanvre industriel ne doivent pas contenir plus de 0,3 % de THC.

Les règles prennent forme

Les agriculteurs individuels, les groupes d'agriculteurs, les coopératives, les associations et les groupes d'entraide éligibles peuvent postuler pour cultiver du chanvre industriel. La licence de culture annuelle coûte 2 000 ₹ (23 $) par bigha, une mesure foncière traditionnelle indienne qui varie selon les régions.

Les règles exigeaient initialement qu'au moins trois acres de terres contiguës soient cultivées, individuellement ou collectivement. Les amendements annoncés cette semaine ont réduit le minimum à cinq bighas – environ un acre dans l’Himachal Pradesh – et autorisent une culture contrôlée dans tout l’État, sous réserve de licences et de garanties réglementaires. Cela signifie que les agriculteurs peuvent se lancer dans le chanvre pour environ 215 $.

Les agriculteurs doivent également avoir un contrat d'achat avec un fabricant agréé lorsqu'ils demandent une licence de culture, exigeant effectivement un acheteur identifié avant que la culture ne soit plantée. Cette disposition vise à éviter l’un des problèmes qui ont limité le chanvre ailleurs en Inde : les agriculteurs produisant des cultures sans marchés en aval fiables.

Les nouvelles règles fixent les droits annuels de licence de fabrication à 11 500 dollars, les opérations de recherche et de tests analytiques à 1 150 dollars et les installations de stockage à 115 dollars. Le transport du chanvre récolté nécessite un permis de 23 $.

Le gouvernement exigeait initialement un investissement minimum de 11,5 millions de dollars pour établir une activité manufacturière, un seuil qui aurait exclu tous les investisseurs, sauf les investisseurs relativement importants. Un amendement annoncé le 26 août a réduit cette exigence à environ 575 000 dollars, réduisant ainsi considérablement les obstacles pour les transformateurs envisageant le marché émergent.

Contrôles des semences

Les semences sont également soumises à des contrôles formels. Les agriculteurs doivent obtenir du matériel végétal auprès de fournisseurs agréés, qui peuvent se procurer des semences dans l'Himachal Pradesh, ailleurs en Inde ou auprès de fournisseurs étrangers.

Les graines domestiques doivent être étayées par une analyse effectuée par un laboratoire accrédité ou autorisé par le gouvernement montrant les concentrations de cannabinoïdes et d'autres caractéristiques. Les semences importées nécessitent une documentation analytique similaire ainsi qu'une certification phytosanitaire.

Cela fait progresser un élément clé de la stratégie décrite par les responsables de l'État en juin, lorsque les plans préconisaient des génétiques certifiées à faible teneur en THC plutôt que de compter sur les abondantes populations de cannabis sauvage de l'Himachal. Les autorités avaient considéré le programme de recherche et de semences de chanvre établi dans l'Uttarakhand comme une source potentielle.

Avant la récolte, les producteurs doivent informer le responsable des accises du district afin que les échantillons puissent être analysés par un laboratoire agréé par l'État. La récolte peut avoir lieu lorsque le THC est confirmé à 0,3 % ou moins. Les coordonnées GPS, la géolocalisation et la surveillance numérique font partie des mesures destinées à maintenir la traçabilité.

Les défis du marché

La capacité de transformation du chanvre en Inde reste limitée, les graines de chanvre certifiées sont difficiles à obtenir et des marchés commerciaux stables se développent encore. Les règles de l'Himachal tentent de remédier à ces faiblesses en liant la culture à des fabricants agréés et en mettant en place un système d'approvisionnement contrôlé en semences, mais les transformateurs réels, les investissements et les achats détermineront si le modèle fonctionne.

L'initiative chanvre de l'Himachal fait suite à plusieurs années de travail politique et réglementaire. Un comité législatif de l’État formé en 2023 a d’abord examiné comment la réglementation du cannabis pourrait fournir de nouveaux revenus aux agriculteurs tout en remplaçant une partie d’une économie illicite bien ancrée basée sur le cannabis sauvage.

L'Assemblée de l'Himachal Pradesh a ensuite soutenu les modifications des règles de l'État sur les stupéfiants et les substances psychotropes, ouvrant ainsi la voie légale à la culture du cannabis à des fins industrielles, scientifiques et médicinales. D’ici juillet 2025, les responsables ont déclaré que les licences seraient introduites par étapes, la priorité étant donnée au chanvre industriel.

Apprivoiser la nature

Le ministre en chef Sukhvinder Singh Sukhu a ensuite promu le programme comme un moyen de transformer le cannabis d'un problème persistant d'application de la loi en un secteur agricole et manufacturier réglementé.

Le cannabis sauvage est courant dans les districts de Kullu, Mandi et Chamba et soutient depuis longtemps la production illicite de charas, le haschich traditionnel frotté à la main pour lequel la région est connue. L’État espère remplacer cette activité informelle par des cultures sous licence à faible teneur en THC, notamment celles du textile, des matériaux de construction, du papier et d’autres produits manufacturés.

La question est maintenant de savoir si les agriculteurs, les fournisseurs de semences et les transformateurs peuvent transformer la nouvelle structure de licence en un marché fonctionnel. La forte réduction de l’investissement minimum requis des fabricants suggère que le gouvernement reconnaît déjà qu’il sera essentiel d’attirer les investissements dans la transformation en aval.